En partenariat avec le SAF/FJKM (SAMPANASA FAMPANDROSOANA FJKM), organe d’action sociale de l’église réformée malgache, la Fondation La Cause s’engage pour la reforestation et la réhabilitation des terres agricoles.

Le projet, d’un montant de 8 000 €, a pour objet de créer une pépinière ressource de différentes espèces de bambous et de créer un centre d’appui technique de la filière bambous en faveur des populations rurales.


L’enjeu de la reforestation en pays malgache

Sécheresse, tarissement des sources et exode rural : à Madagascar, la déforestation est à la fois cause et conséquence du réchauffement climatique. Entre 2001 et 2020, Madagascar connaît un rythme de déforestation de 200 000 ha par an (réf. Global Forest Watch). Malgré sa réputation de « hotspot », la biodiversité de Madagascar subit actuellement une pression anthropique sans précédent et se trouve en danger de disparition, engendrant d’autres problèmes écologiques, climatiques, économiques et sociaux encore plus complexes.

C’est dans ce contexte que le bambou est présenté comme l’une des alternatives valables pour pallier ces pressions. Occupant déjà une place importante dans la vie de nombreux ménages tant ruraux qu’urbains à Madagascar, les bambous sont distribués essentiellement le long des massifs centraux de l’île et dans la forêt humide de l’Est.

Les produits forestiers non ligneux connaissent un intérêt croissant dans le monde ces dernières années, du fait des contributions qu’ils apportent à l’économie des ménages, à la sécurité alimentaire ainsi qu’à la préservation de l’environnement. Parmi les produits forestiers non ligneux, les bambous occupent une place importante. La moitié des ménages malgaches utilisent le bambou dans leur vie quotidienne : pour la construction, l’artisanat ou comme source d’énergie. Parmi les pays d’Afrique, Madagascar possède la plus grande diversité de bambous, avec 11 genres et près de 40 espèces dont 35 endémiques. Les bambous fournissent des avantages économiques, sociaux et écologiques à la société.

Graminée à tige ligneuse ayant l’apparence d’un arbre, le bambou a une croissance très rapide, puisqu’il peut prendre entre 75 et 400 mm par jour. Sa tige (chaume), qui est la partie la plus importante, économiquement parlant, peut atteindre et dépasser 40 m chez certaines espèces avec un diamètre pouvant aller jusqu’à 30 cm. Il pousse trois fois plus vite que la plupart des espèces d’eucalyptus, qui sont généralement plantés à Madagascar pour la production de bois de chauffe et de charbon, et peut être récolté quatre fois plus souvent. Les espèces importantes du point de vue commercial atteignent habituellement la maturité en quatre à cinq ans. Des récoltes multiples sont par la suite possibles tous les deux ans, ce qui met le bambou dans une position très intéressante pour remplacer le charbon de bois utilisé communément à Madagascar, par une production de palettes/briquettes de charbon de bambou. Par rapport au charbon de bois, il présente plus d’avantages, notamment en termes de :

  • Réduction de l’émission de CO 2 due à la technique de charbonnage déjà expérimentée et mise au point à Madagascar.
  • Haute valeur calorifique du charbon de bambou qui est de deux fois plus que le charbon normal, avec une propreté de manipulation comparée au charbon de bois.
  • Vertus cosmétiques liés à la propriété d’absorption de bactéries et de corps gras.


Le bambou est déjà utilisé et connu à Madagascar


Biomasse et construction

Le bambou peut fournir jusqu’à 40 tonnes de biomasse par hectare et par an. Sa légèreté et ses modules d’élasticité (9 000 à 10 100 N/mm2) et de rupture élevés (84 à 120 N/mm2) font du bambou un matériau idéal pour la construction de maisons résistantes aux cyclones ou aux tremblements de terre. Presque toutes les grandes rivières de Madagascar, surtout dans la partie orientale où se trouvent d’importants rapides et chutes d’eau, utilisent les radeaux en bambou, bien que le bambou soit devenu de plus en plus rare en raison de nombreux prélèvements excessifs.


Meubles et artisanat

Il offre aussi de multitudes possibilité pour les artisans malgaches. Des meubles et objets d’art en bambou sont présents sur le marché local. Le bambou occupe d’ailleurs une place importante dans la vie de nombreux ménages malgaches notamment ruraux : construction de maison, bambous tressés pour l’emballage des produits agricoles et de l’élevage, etc.


Alternative alimentaire

Il n’entre pas encore dans l’art culinaire malgache, mais le bambou présente une alternative alimentaire et nutritionnelle intéressante. Les tiges naissantes (pousses) de certaines espèces de bambou sont comestibles, succulentes et riches en éléments nutritifs ; une portion de 100 g contient de 0,5 à 0,77 g de fibres, de 81 à 96 mg de calcium, de 0,5 à 1,7 mg de fer, de 3,2 à 5,7 mg de vitamine C, de 0,07 à 0,14 mg de vitamine Bi, de 1,3 à 2,3 g de protéines, de 4,2 à 6,1 g d’hydrates de carbone, de 42 à 59 mg de phosphore et de 1,8 à 4,1 g de glucose. Certaines espèces ont aussi une teneur élevée en potassium et en vitamine A. Les pousses de bambou peuvent contenir jusqu’à 17 acides aminés, les plus importants étant la saccharopine, l’acide spéramique et l’acide glutamique.


Protection de l’environnement

Le bambou restaure les sols par l’élimination de toxines. Au lieu d’épuiser le sol, le bambou le régénère, en apportant carbone et oxygène.

Le bambou permet de lutter efficacement contre le réchauffement climatique, un hectare de bambouseraie absorbe l’équivalent de 60 litres de CO2 par an suivant l’espèce et le type de culture, soit 30 fois plus que d’autre plantes. Il limite l’érosion du sol et ne nécessite pas l’utilisation de fertilisant chimique, ni de pesticide. Par conséquent, son développement nécessite peu de ressources. De plus, cette plante contribue à la dépollution de l’eau et au développement de la nappe phréatique, et de ce fait joue un rôle non négligeable dans la restauration des bassins versants et la réhabilitation des sources d’eau.


Une plante précieuse enfin reconnue

Enfance Adoption

Bien que l’importance des bambous dans la vie des communautés ne soit plus à démontrer, il faut noter le peu de connaissances des potentialités offertes par le bambou.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la politique du gouvernement malgache qui entend promouvoir la filière bambou, en partenariat depuis 2010 avec le FIDA, l’INBAR et l’Union européenne. Dans la politique nationale sur le développement de bambou, sortie en 2018, la vision globale de Madagascar est la suivante : « La forêt de bambou est une ressource stratégique constituant l’un des piliers du développement durable de Madagascar en 2030 ».

L’objectif de Madagascar est de planter 4.000 ha par an jusqu’en 2030, ce qui équivaut à la production annuelle d’au moins 1,6 million de jeunes plants, à raison de 400 pieds par hectare. Les efforts sont portés sur la densification de la plantation de bambou, la multiplication des pépinières pour la production des jeunes plants, le renforcement des capacités, la promotion industrielle et la création d’emplois, conformément à l’esprit de l’Agenda 2030 des Nations unies, de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et surtout de la lutte contre le réchauffement planétaire, eu égard à l’Accord de Paris sur le climat.

Ce projet s’organisera en partenariat avec tous acteurs et initiatives partageant la même vision, et bénéficiera de l’appui du le CMBAR, organisme spécialisé dans la production de bambous, ainsi que du réseau des Centres de Formations paysans, BIMTT (www.bimtt.org) dont la SAF-FJKM est membre, et auprès de laquelle la Fondation La Cause est partenaire.

Source : SAF-FJKM

Le bambou : un nouvel allié de la reforestation à Madagascar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Haut