Dans un projet de couple, le concept de fidélité a toute sa place, qu’elle soit nommée et promise comme dans le mariage ou simplement sous-entendue comme dans l’esprit de ceux qui choisissent une vie conjugale « sans cérémonie ». Pourtant, le concept de fidélité est souvent mis à mal par nos contemporains. Il est perçu parfois comme un reliquat d’une période antique où le cadre du mariage primait sur la qualité de la relation. Il parait utopique à ceux qui considèrent qu’au bout de quelques années les conjoints ont trop évolué pour pouvoir rester attachés sincèrement l’un à l’autre. Souvent, on y oppose le principe d’authenticité.

Pourtant, dans la conception chrétienne de l’engagement matrimonial la fidélité est une base incontournable et nullement un encouragement à l’hypocrisie ou à l’acceptation fataliste d’une situation vouée à la tristesse. Il ne s’agit pas pour autant de faire de la fidélité un dictat moraliste, car dans certains cas tragiques, elle peut s’avérer mortifère, et sortir du tandem est alors non seulement une légitimité mais une nécessité de survie.

Le désir de vivre la fidélité repose pour les chrétiens sur le modèle de la fidélité de Dieu. C’est aussi Lui qui donne la force de rester dans cette foi, cette confiance, cette persévérance. En français, le mot foi et le mot fidélité ont la même racine latine FIDÈS. La rencontre avec Dieu ne peut se concevoir comme une expérience sans lendemain. Elle ouvre une amitié qui se noue dans un engagement, car Dieu veut faire route avec l’homme qu’il touche de sa grâce !

Qu’en est-il dans le couple ? Quand un homme et une femme sont touchés par l’attirance mutuelle et qu’ils nourrissent une tendresse, leur désir est de vivre demain encore cette complicité. Leur instinct les pousse à l’attachement et leur espoir est « que cela dure ».

« Un amour non fidèle est une contradiction aussi absurde qu’un cercle carré »  écrit avec humour Michaela Marzano dans La fidélité ou l’amour à vif (p. 115). Si cela semble aller de soi, on sait aussi que pour durer la fidélité va devoir s’appuyer sur une volonté des époux. Cette détermination appellera leur créativité pour sans cesse renouveler leur regard et ne pas leur laisser le loisir de « s’habituer l’un à l’autre » au point de laisser s’installer une indifférence ou une lassitude. La dynamique du couple est le moteur d’une fidélité considérée comme une chance et non comme un fardeau.

Par moment, la fidélité est combat contre la tentation du chant des sirènes ; la lutte sera douce si l’on considère que rester fidèle à son conjoint est un cadeau qu’on lui fait et que l’on se fait à soi-même, et non une obligation injuste venue de l’extérieur.  Être persuadé du pouvoir positif d’un amour sans tâche est le plus grand atout contre l’infidélité. C’est là aussi que fidélité et foi se rejoignent : croire que dans son couple, un plus grand  bonheur peut se vivre et qu’il vaut mieux « vivre des folies ou juste un brin de fantaisie » avec son conjoint plutôt qu’aller vers « les prés toujours plus verts ailleurs » relève d’une certaine croyance.

La fidélité est une invitation au voyage de la vie dans l’audace, la confiance et une pointe  d’imagination !

La fidélité, une foi en l’autre et une foi en soi !

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