SIGNES DE FOI
De tout temps les hommes ont eu besoin de manifester par des signes et des symboles la foi qui les habite.
Dans l’Ancien testament, nous trouvons des signes qui ont aidé les hommes à vivre leur foi :
- Des pierres dressées, comme des menhirs, pour se rappeler que Dieu s’est manifesté dans telle circonstance et dans tel lieu.
- L’arc-en-ciel qui rappelle l’alliance de Dieu avec Noé.
Jésus nous donne aussi des éléments matériels qui deviennent signes et sacrements : l’eau du baptême, le pain et le vin de la Cène...
Les chrétiens à travers les années et particulièrement pendant les périodes difficiles ont aussi ressenti ce besoin de créer des dessins ou des objets pour symboliser et encourager leur foi. Ces emblèmes avaient aussi pour objectif de leur permettre de se reconnaître, de s’identifier et de se rassembler.
Le texte des Actes des Apôtres Actes 11 v. 19 à 26) nous montre comment ils sont identifiés par un nom qui leur est soudain donné. Dans ce passage, à Antioche, les disciples, pendant l’hiver de l’an 37, vivent une première persécution d’envergure et sont pour la première fois appelés “chrétiens”.
Besoin d’un nom et de signes de reconnaissances... Les premiers emblèmes chrétiens ont fleuri au cœur des persécutions des premiers siècles. Ils sont à la fois porteurs d’un message spirituel et veulent rester les plus discrets possible.
Dans les catacombes de Rome, vous ne trouverez pas de représentation de la croix comme dans nos églises. La croix à l’époque est trop en abomination, en horreur pour ces chrétiens qui voient encore des personnes crucifiées par les romains à l’entrée des villes. Ils préfèrent signifier leur foi par d’autres dessins :
Cet oiseau représente parfois un phénix antique, oiseau mythologique qui renaît de ses cendres. Le Phénix évoque la résurrection.
Le plus souvent, il s’agit de la colombe de Noé qui annonce la terre après le déluge et symbolise la victoire de la vie sur le chaos et sur la mort.
Mais aussi la colombe du Saint-Esprit descendu sur Jésus au jour de son baptême. Manifestation de la puissance de l’esprit de Dieu qui vient habiter chaque chrétien et lui donne force, inspiration, renouvellement intérieur...
- Le poisson...
Là encore le poisson fait allusion à la mort et à la résurrection du Christ. Il rappelle les trois jours que le prophète Jonas avait passé dans le ventre du gros poisson avant d’être rejeté sur le rivage. Le poisson évoque la grâce et l’amour de Dieu, ( Dieu n’a-t-il pas offert aux disciples une pêche miraculeuse et nourri la foule à partir de 5 pains et deux poissons ?), mais aussi l’envoi en mission pour témoigner de la foi et devenir pêcheur d’hommes.
En grec le mot poisson se dit « ICHTUS », chacune de ces lettres qui compose le mot ICTHUS représentait pour ces premiers chrétiens le début d’un mot et ces mots bout à bout constituaient une phrase Iesus Christos, Tou Theou, Uios Sauter = Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur.
Vous trouvez bien d’autres symboles l’alpha et l’oméga qui montre que Dieu est Éternel, des dessins d’un Bon Berger qui porte sa brebis, l’ancre marine qui parle de fidélité de la foi ancrée en Dieu et contient une représentation de la croix et de l’oiseau... ou encore les deus premières lettres grecques du nom Christ : le X et le P entremêlés.
- La croix
La croix n’est devenue l’emblème de la foi chrétienne qu’au 4 ème siècle. L’empereur Constantin raconte qu’à la veille d’une bataille, en 312, il reçoit une vision céleste qui lui fait voir un bouclier sur lequel est gravée une croix, pendant qu’une voix lui dit : « Sois vainqueur par ce signe ». Suite à cet événement l’empereur devient chrétien et c’est sans doute sa mère, Hélène, en 326 qui institue la croix comme symbole du christianisme... Le prêtre Arnobius, en 330, désapprouve ce choix et craint que le bois de ces croix symboliques ne deviennent des objets de vénération... Il n’avait pas tort, puisque les réformateurs au 16 ème siècle durent dénoncer avec fermeté l’usage superstitieux qui était fait de ces croix et du signe de la croix, devenus des fétiches auxquels on attribuait des pouvoirs quasi magiques.
La rose est placée dans un champ d’azur, signe que cette joie dans l’esprit et dans la foi est le début de la joie céleste à venir.
Le cercle d’or dont ce champ est entouré montre que le bonheur céleste n’a pas de fin et qu’il surpasse tout autre bonheur.
Martin Luther
Elle est l’œuvre de l’orfèvre nîmois Maystre, en 1688. Il crée ce pendentif en reprenant deux traditions.
Celle de la colombe, qui était portée depuis très longtemps et dont on trouve une très grande abondance dans tout le Languedoc.
Celle de la croix de malte, qui prend son origine chez les hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Cet insigne est devenue avec le temps une décoration militaire « ordre du Saint Esprit » que Henri III, en 1578, ne destine qu’aux catholiques. Par réaction Maystre en fait un emblème protestant en lui associant la colombe... le succès sera immédiat et cette croix huguenote deviendra pendant une longue période un signe de reconnaissance et une marque d’un engagement spirituel. Moins en vogue à la fin du siècle dernier, c’est la fondation du « musée du désert » en 1910 et la création de l’association La Cause en 1920 qui l’ont remise à l’honneur au sein du protestantisme français et même international...
Cette décoration deviendra avec les années l’ordre de Saint Louis, institué par Louis XIV en 1693 ; puis, la croix du mérite militaire en 1759, sous Louis XV et enfin la légion d’honneur sous Napoléon.
La croix huguenote peut représenter la trinité :
- 4 cœurs de l’amour de Dieu
- Des fleurs d’iris ou fleurs de lis pour manifester la soumission aux autorités, mais surtout au Roi des rois.
- La couronne d’épines et la croix du Christ.
- La colombe du Saint-Esprit. Parfois le Saint-Esprit est symbolisé non pas par une colombe, mais par une petite fiole qui représentait l’onction dans l’esprit sain. Cette fiole pouvait aussi se transformer en une petite flamme, évoquant l’Esprit-Saint, venu sur la tête de chacun des apôtres à la pentecôte sous la forme de petites langues de feu. Certains ont pris cette petite flamme pour une larme qui aurait ainsi rappelé toutes les souffrances des huguenots endurées lors des persécutions.
En conclusion
J’aimerais dire que ces signes : nos croix, nos emblèmes ne sont rien en tant que tels. Un peu de métal, de bois ou quelques traits de dessin. Ils ne sont ni des idoles, ni des fétiches, ni des grigris. Mais ils sont riches. Ils soulignent les enseignements de l’Évangile, ils manifestent l’ardeur d’une foi intérieure et ils sont porteurs du poids de l’histoire humaine qui les a façonnés.
- À Antioche nous sommes appelés pour la première fois “chrétiens”.
Sous l’empereur Constantin, nous adoptons la croix comme emblème pour marquer nos lieux de culte.
- Au 16e siècle, Martin Luther dessine cette rose.
- Cachés au désert, les protestants façonnent la croix huguenote.
- Aujourd’hui encore, la foi s’exprime par les chants nouveaux et par des signes sans cesse renouvelés, inspirés par le vent de l’esprit. Jusqu’au signe final de la venue du fils de l’homme qui viendra “comme l’éclair traverse en un instant l’immensité du ciel”.
Alain Deheuvels
Directeur de La Cause
Renseignements et inscriptions sur demande à La Cause.